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Le Echos – 17 mai 2018 – N°22697 de Frank Niedercorn

Commerçant, comptable ou spécialiste de l’immobilier de centres commerciaux ? A moins que ce ne soit entrepreneur. A 59 ans, Eric Damiron dispose d’une solide expérience. Elle lui sera utile comme nouveau directeur général de la branche « retail » du groupe Foncière Immobilière Bordelaise.

Son fondateur, Michel Ohayon, l’a recruté pour faire fructifier son dernier et plus important investissement : le fonds de commerce et les murs de 22 magasins des Galeries Lafayette situés dans les petites villes de province. Un ensemble immobilier de 180.000 m 2 qui emploie 900 personnes. Les dirigeants des Galeries Lafayette se concentrant sur leurs 28 magasins les plus importants. Eric Damiron a déjà commencé sa tournée sur le terrain. Certains magasins, comme ceux de Tarbes ou d’Agen, lui sont familiers puisqu’il possède une résidence secondaire dans le Gers voisin. De là, ce passionné de jazz ne rate jamais le festival annuel de Marciac. Il connaît surtout chacune des villes de province hébergeant un magasin de l’enseigne.

Entre 2004 et 2012 à la tête de Strateo Consulting, sa propre structure d’études et de marketing en immobilier commercial, il a fait plusieurs fois le tour de France. Conseillant tous les promoteurs de la place.« J’ai vu tout le marché français», sourit-il. Ce fils d’un soyeux lyonnais n’a pourtant pas commencé par le commerce. Enfant, il lui arrivait de passer des soirées à faire les nœuds des aubes de premier communiant fabriquées par son père. « J’ai hérité du sens de l’entreprise et du goût pour le textile », explique-t-il. Sentant la chute d’une industrie qui importe déjà des Philippines, il décline la proposition paternelle de reprendre l’entreprise familiale.

Immobilier commercial

Sa maîtrise de gestion de la Sorbonne en poche, il s’installe à 23 ans à Paris avec sa future épouse, et devient chef comptable d’une filiale de Maisons Phénix avant de passer chez Hachette puis de prendre la direction administrative et financière de Nuggets, l’enseigne de distribution de produits audiovisuels. Déjà, le commerce. Au Bon Marché (détenu par LVMH, propriétaire des «Echos »),où il entre en 1988 comme directeur du contrôle de gestion, il fait vite partie des équipes rapprochées de Philippe Vindry, puis de Philippe de Beauvoir qui se succèdent pour redresser la vénérable institution : « Une expérience passionnante durant laquelle tous les département sont été restructurés. J’ai beaucoup appris », dit-il. De quoi se voir confier, toujours au sein de LVMH, la direction du grand magasin Franck & Fils.

Sa fierté ? L’obtention en 1997 d’un trophée Boutiques internationales. Il évoque un pincement au cœur, il y a deux ans, lorsque l’enseigne a fermé ses portes pour être remplacée par La Grande Epicerie. Il fait un rapide passage chez Madelios, le grand magasin pour hommes de la Madeleine, mais ne s’entend guère avec le patron Edmond Cohen. Il rejoint alors Pierre-Antoine Gailly, un ancien du Bon Marché, pour une mission d’un an au Moulin Rouge. Puis poursuit sa courte carrière de manager de transition au Furet du Nord. En 2000, c’est le virage vers l’immobilier commercial. Hammerson, une foncière britannique, a besoin d’un spécialiste du « retail »« pour faire le lien avec les enseignes». L’affaire scelle son destin. Il sera ensuite son propre patron avec Strateo Consulting pendant huit ans. Traversant la crise grâce à une activité autour du management de transition, Strateo Management.

Il reprend les manettes opérationnelles en 2012 avec la direction de Corio France, une autre foncière qu’il réorganise avant son rachat par Klépierre. « Il a une formation de financier mais ce n’en est pas un dans l’âme. Je pense qu’il a été marqué par son passage dans la distribution et qu’il est d’abord commerçant. Même quand il était bailleur, il n’a jamais oublié les contraintes de l’exploitant », explique Bertrand Courtois Suffit, fondateur de Kharis Conseil, qui le connaît depuis vingt ans.

La fibre entrepreneuriale ne le quittant jamais tout à fait, il crée la filiale française du néerlandais Wereldhave, qui vient d’acheter six centres commerciaux à Unibail. Dans le lot, il trouve celui de Mériadeck, à Bordeaux, dont le projet est présenté à Michel Ohayon. Ce dernier songera à lui pour gérer le projet Galeries Lafayette. « J’ai rencontré Michel Ohayon et nous nous sommes rapidement tapé dans la main », raconte Eric Damiron. Son tour de France des magasins va sans doute lui laisser du temps pour taper la balle sur les courts de tennis et continuer à voir des spectacles de danse, notamment ceux d’Angelin Preljocaj, avec sa femme. Pas sûr en revanche qu’il ait du temps pour se mettre au golf comme il en avait le projet.

Source: Les Echos du 17 mai 2018 – N°22697, Frank Niedercorn.

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