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Entreprendre avec sa moitié n’est pas toujours chose aisée. Certains franchiseurs, notamment dans la grande distribution, privilégient cependant ces profils qui permettent d’optimiser la masse salariale.



Brigitte et Nicolas Michel ont ouvert leur supermarché en franchisesous la marque Auchan à Lens il y a quatre ans. Mais cela fait déjà vingt-cinq ans que ce couple travaille ensemble, et depuis toujours dans l’univers du commerce organisé. « Nous n’imaginons pas faire autrement », confient-ils. Comme eux, 35 % des franchisés travaillent avec leur conjoint dans l’entreprise, 10 % d’entre eux n’étant pas salariés, selon les chiffres de la Fédération française de la franchise ( FFF ).

Le couple, un profil rassurant pour le franchiseur

« De nombreux franchiseurs affichent clairement leurs préférences pour des couples de franchisés, notamment dans la restauration, l’hôtellerie, la boulangerie et tout ce qui concerne le commerce alimentaire, dont la grande distribution », assure Christophe Bellet, expert FFF et président de Gagner en Franchise, un cabinet spécialisé dans le recrutement et le développement en franchise. Dans le commerce, où 41 % des franchisés travaillent ainsi avec leur partenaire de vie, contre seulement 29 % dans les services.

« Lorsque nous avons signé avec une franchise de cuisiniste à Chambéry, puis avec Auchan, tous nous ont dit qu’ils privilégiaient les couples pour entreprendre », confirme Nicolas Michel. Même si un contrat de franchise dure en moyenne six à sept ans, un franchiseur cherche des franchisés prêts à s’engager dans la durée. Une garantie généralement apportée par le couple, symbole de stabilité. « C’est aussi souvent un moyen d’optimiser la masse salariale, surtout dans des secteurs où l’amplitude horaire à couvrir est très importante », avance Christophe Bellet. « Et de se partager les missions pour réussir à avoir une vision globale de l’affaire », complète Nicolas Michel.Lire aussi :Employer son conjoint : quel statut adopter ?

Complémentarité et vision commune

Mais entreprendre en couple est risqué. « Lorsque surviennent les premières difficultés, financières par exemple, les gens peuvent se découvrir d’une nouvelle façon », avertit le franchisé. Impossible de savoir à l’avance si le duo fonctionnera sur la durée. Pour limiter les risques, les conjoints doivent s’assurer qu’ils partagent une vision commune de leur projet, confie Christophe Bellet : « Un franchiseur qui recrute un couple vérifie que les deux sont motivés, sur la même longueur d’onde et que chacun trouvera sa place, avec une répartition des tâches cohérente . » La clé de la réussite pour les franchisés Auchan de Lens. « Nos compétences se chevauchent très peu : mon épouse s’occupe de toute la partie administrative – salaires, comptabilité, etc. – et je gère l’opérationnel. Nous n’empiétons jamais sur les compétences de l’autre, et ce, même si nous avons la réponse à tel ou tel problème. Nous nous concertons toujours pour prendre les décisions importantes ensemble, notamment sur la communication ou le management », résume Nicolas Michel.Lire aussi :Franchise de couples : comment gérer à deux au quotidien

Cadrer la relation dès le départ

Au-delà de la bonne entente au sein du couple, entreprendre à deux en franchise n’est pas une décision à prendre à la légère. « Il faut vérifier que le chiffre d’affaires attendu sera suffisant pour absorber les rémunérations de chacun des conjoints », conseille Christophe Bellet. Le couple doit également fixer dès le départ les modalités de leur collaboration : les conjoints seront-ils associés ? Si oui, comment se répartiront les parts ? Que doit-on mettre dans le pacte d’associés ? Si le conjoint n’est pas associé au capital mais souhaite travailler dans l’entreprise, sera-t-il à temps complet ou à temps partiel ? Toutefois, il sera dans l’ obligation d’être salarié pour ne pas s’exposer à du travail dissimulé . Même si ce n’est pas intuitif de prime abord, « le couple doit impérativement cadrer sa collaboration dans les moindres détails avant de se lancer », conclut Christophe Bellet.

Source : Les Echos Entrepreneurs

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