In Actualité, Mot d'expert

Plusieurs enseignes ouvrent des points de vente en périphérie des grandes agglomérations en misant sur la qualité. Dans les zones commerciales du nord de Tours, le local de l’étape, Feuillette, est concurrencé par Ange et Marie Blachère.

0602554946162_web_tete.jpg

Les franchises de boulangerie se disputent les emplacements « numéro un » dans les zones commerciales de périphérie des villes.

De larges banquettes pour les clients désirant déjeuner sur place, une file d’attente spécifique pour les personnes souhaitant n’acheter qu’une baguette croustillante, des gammes resserrées de sandwichs et de pâtisseries, et en arrière-plan les fours et les pétrins où s’activent une équipe de boulangers. La boulangerie-pâtisserie Ange, ouverte récemment à Tours dans une « boîte » à un rond-point stratégique au nord de la ville, offre le même décor que celui des 150 autres points de vente de la franchise, celui d’une boutique artisanale tout en usant des codes du marketing de la grande distribution.

Ce groupe, né en 2008 et basé à Aix-en-Provence, poursuit sa conquête des zones commerciales sur l’argument du fait maison en sélectionnant des emplacements « numéro un », « ceux qui sont visibles tout en étant très accessibles et l’apanage des grandes enseignes de la restauration rapide », explique Nicolas Bouron, propriétaire des deux franchises de Tours, en montrant le restaurant KFC de l’autre côté du rond-point.

Parti pris haut de gamme

Jean-François Feuillette , fondateur, avec son épouse Laure, du groupe qui porte son nom, confirme : « Avant d’arriver sur une agglomération, je regarde toujours où sont les Mac Donald’s. Au-delà des outils de géomarketing, ça donne un indicateur fiable. » Pour avoir fait ses gammes chez Ladurée, il a un parti pris encore plus haut de gamme pour ses boulangeries, comme à Saint-Cyr-sur-Loire, commune huppée au nord de Tours, où la boulangerie Feuillette, outre un parking facile, des fauteuils club confortables accueillent les consommateurs autour d’un feu de cheminée et sous de vraies poutres. « On les chine nous-même. J’ai envie que le client se sente chez lui », insiste cet ancien pâtissier du George V, aujourd’hui à la tête d’un réseau de 29 points de vente, bientôt 30 avec une ouverture à Angers, fin janvier.

A quelques centaines de mètres de Feuillette, sur la zone commerciale d’Auchan face à Norauto, Bernard Blachère a contre-attaqué en ouvrant une boulangerie à l’enseigne Marie Blachère(500 magasins). Fondateur aussi des Provenç’Halles, l’homme d’affaires a accolé ses boulangeries artisanales aux magasins Grand Frais.

Argument qualité

Tous ces professionnels partagent le même leitmotiv : la qualité et le fabriqué sur place. « Nous utilisons une farine française culture raisonnée contrôlée (CRC) et un sel liquide naturel, moins chargé en sodium, qui respecte le goût, tout en abaissant de 25 % la teneur en sel. Et nous avons élaboré un process spécifique avec nos fournisseurs de machines pour garantir une qualité irréprochable quel que soit le point de vente », précise le cofondateur d’Ange, François Bultel.

En outre, les franchisés sont invités à nouer des partenariats locaux afin d’éviter le gaspillage. « En plus de l’application To good to go, nos invendus partent aux Restos du coeur. Et nous fournissons également un éleveur », décrit le Tourangeau Nicolas Bouron.

Jusqu’où iront ces nouveaux acteurs de la boulangerie et du snacking ? Feuillette s’apprête à investir 7 millions d’euros dans une nouvelle usine à La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher) pour ses fonds de tarte et autres macarons. Si l’on cumule les prévisions d’ouverture de Blachère, Louise, Ange et Feuillette, on parvient à une centaine de nouvelles boutiques en 2020.

Source : Les Echos

Start typing and press Enter to search