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Source : L’Officiel de la Franchise

Il n’est pas toujours facile de fournir la somme (pouvant dépasser le demi million d’euros) nécessaire à la création d’une entreprise en franchise. Heureusement, certains concepts permettent de se lancer pour moins de 10 000 euros d’apport. Mais un faible investissement de départ permet-il une activité rentable ? Décryptage.

Devenir son propre patron est un rêve pour un grand nombre de Français. D’après la Fédération Française de la Franchise (FFF), 28 % d’entre eux aimeraient créer leur entreprise et 40 % envisagent de le faire en franchise. Mais ce rêve a un prix : le montant de l’investissement pour la création d’une entreprise en franchise peut s’élever au-delà de 500 000 euros (6 % des franchisés) et la majorité (61 %) débourse une somme entre 50 000 et 500 000 euros. Ce qui est loin d’être négligeable ! Heureusement, des concepts permettent de se lancer pour moins de 10 000 euros d’apport. Ce qui permet à de futurs entrepreneurs qui n’ont pas beaucoup d’économies, ou à ceux qui ne veulent pas prendre un risque financier trop important, d’accéder à leur rêve de devenir franchisé. Si ces formules sont séduisantes, attention quand même à s’assurer que la tête de réseau est sérieuse, qu’elle apporte suffisamment de services et que le concept est rentable.

Quelle rentabilité ?

Quand on sait que des concepts exigent un investissement initial d’un demi million d’euros, on est en droit de se demander ce qu’on a pour moins de 10 000 euros. A-t-on accès à des services de qualité de la part du franchiseur ? Le chiffre d’affaires ne sera-t-il pas trop décevant ? Cela dépend évidemment du réseau choisi et ces questions doivent être à l’origine de tout projet de franchisé. Car même avec un apport élevé, le risque n’est jamais nul. Il ne faut en tout cas pas croire qu’un investissement de départ réduit équivaut obligatoirement à une rentabilité moindre. Basile Albert, responsable développement de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), est là pour en témoigner : deux des réseaux que l’association a créés fonctionnent très bien. “Nous avons développé un réseau de services de jardinage à destination des particuliers que nous avons développé avec O2 et un de service de formation et d’accompagnement aux usages des outils numériques avec MonAssistantNumérique. Les jardiniers du réseau O2 ont une activité rentable et gagnent en moyenne un revenu un peu supérieur au Smic. Quant aux franchisés de MonAssistantNumérique, leurs revenus se situent entre 1 500 et 2 000 euros”, rapporte-t-il.

Microfranchise

Pourtant, ces deux réseaux sont qualifiés de “microfranchise”. L’Adie les a créés pour pouvoir les proposer aux personnes qu’elle accompagne, c’est-à-dire des profils éloignés de l’entrepreneuriat, souvent sans diplôme ni expérience et, surtout, avec peu de moyens. Avec les microfranchises de l’Adie, il est possible de se lancer pour un budget global de 10 000 euros (comportant les droits d’entrée mais également l’achat de matériel, le besoins en trésorerie, etc.) ; une somme qui peut être intégralement financée par le micro-crédit de l’Adie. Il est donc possible de se lancer avec zéro euro d’apport ! “Le message que l’on souhaite faire passer c’est qu’il est possible pour tout un chacun, même pour les chômeurs qui n’ont aucune épargne, de se lancer en franchise”, résume Basile Albert.

Des concepts nécessitant peu d’investissement

La micro-franchise n’est pas le seul moyen d’accéder à une vie de franchisé pour un apport inférieur à 10 000 euros. Certains réseaux ont lancé des concepts qui nécessitent un investissement initial très peu élevé. L’Adie finance d’ailleurs, via son micro-crédit, le démarrage de franchisés dans ces réseaux. “Il s’agit par exemple de concepts autour du coaching ou du home staging”, précise Basile Albert. Ou de lavage de voiture : Christophe Garcin a rejoint le réseau Cosméticar après s’être retrouvé au chômage. Se lancer avec moins de 10 000 euros était forcément séduisant : il a pu créer son entreprise sans emprunter, grâce à sa prime de licenciement et est aujourd’hui à la tête des agences de Cannes et Draguignan/Fréjus, toutes deux florissantes. D’autres réseaux ont vu le jour avec cette volonté d’être accessible au plus grand nombre. C’est par exemple le cas de Répar’Store : “Dès l’origine de notre réseau, nous avions le souci de donner accès à la création d’entreprise pour 5 000 euros d’apport”, explique Guillaume Varobieff, directeur du réseau Répar’stores. En effet, l’investissement de départ global s’élève à 45 000 euros, le franchisé apporte 5 000 euros, complète cette somme par un prêt d’honneur de 5 000 euros d’Initiative France et emprunte 35 000 euros. Pourtant, la rémunération annuelle moyenne des franchisés Répar’stores est de 43 000 euros nets.

Quid des charges ?

Le concept de Répar’stores permet par ailleurs d’avoir très peu de charges puisque le franchisé n’a pas de local commercial. “Les charges s’élèvent à moins de 5 000 euros par mois, incluant la redevance, la communication, le remboursement de l’emprunt, le crédit bail, l’expert comptable, les amortissements”, précise Guillaume Varobieff. Il est effectivement important de se soucier de cet aspect des charges : l’investissement initial peut être faible mais les charges, et notamment la redevance, très élevées. Guillaume Varobieff met cependant en garde contre des redevances trop faibles. “Cela peut vouloir dire que les services offerts par le franchiseur sont réduits au strict minimum”. Car en optant pour une franchise avec un faible investissement de départ, il faut se soucier de la rentabilité mais aussi des services offerts par la tête de réseau : si les franchisés de ces différents réseaux ont une activité rentable c’est aussi parce que le franchiseur remplit correctement son rôle. Morgan Baillehaiche, franchisé Répar’stores sur la côte d’Émeraude a d’ailleurs avant tout été séduit par le dynamisme du réseau, avant l’aspect financier. “La tête de réseau est sans arrêt à la recherche de nouvelles idées pour faciliter la vie de ses franchisés et satisfaire les clients”, rapporte-t-il, donnant l’exemple de la tablette qui permet de signer les devis mais aussi d’envoyer des SMS aux clients pour confirmer les rendez-vous. Faible investissement de départ ne veut donc pas dire faible investissement du franchiseur. Morgan Baillehaiche se dit chouchouté par l’enseigne qu’il considère presque comme une famille.

Des services de qualité

Christophe Garcin a lui aussi apprécié le soutien de son franchiseur qui l’a accompagné pour créer sa société, l’a formé au process de nettoyage et l’a aidé à chercher des prospects au lancement de la société. “On rejoint une équipe en fait, il y a toujours quelqu’un qui nous répond quand on a un problème”, raconte-t-il. Basile Albert rapporte quant à lui que les microfranchisés O2 ont accès aux mêmes services que les franchisés classiques. La seule différence réside finalement dans la zone de prospection, plus réduite. À noter qu’il est désormais possible pour les microfranchisés O2 d’évoluer vers une activité de franchise classique et donc de couvrir une zone plus large avec l’appui d’un ou plusieurs collaborateurs.

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