In Mot d'expert

Dans les dix ans qui viennent, de nombreuses entreprises seront à transmettre dans les réseaux du commerce indépendant organisé. Anticiper ces opérations est indispensable à leur réussite.

Les dirigeants qui dépasseront les 50 ans dans les 10 prochaines années, représentent près de 26% des chefs d’entreprises français. La transmission de leur entreprise doit par conséquent être préparée. Autant dire que la situation n’épargnera pas le milieu des réseaux de franchises et de coopératives.
Lorsqu’on sait que les transmissions familiales représentent en France 6% contre 72% en Italie, on comprend mieux que cette situation devienne préoccupante (Source KPMG).

Difficultés rencontrées.
La plus évidente est bien entendu humaine. Il s’agit de trouver un repreneur compétent et motivé qui sera faire perdurer l’activité, voire la développer.
Le montage financier reste également un obstacle. Trouver les fonds auprès des banques s’avère parfois difficile lorsqu’on sait qu’une entreprise sur cinq ayant été reprise fait faillite dans les 6 années qui suivent.
La base d’une transmission réussie demeure bien entendu le diagnostic de l’entreprise, et sa juste valorisation.

Les enjeux des réseaux.
L’enjeu principal d’un réseau est de conserver ses parts de marché en évitant que ses points de vente passent à la concurrence. Plusieurs points sont à prévoir : trouver des repreneurs, trouver le financement, et avant toute chose, connaître les futurs points de ventes qui vont être transmis dans les 5 prochaines années.

Les solutions.
Un système d’information performant. Il permettra d’évaluer les entreprises qui seront prochainement à transmettre, de valoriser ces entreprises par des analyses financières fiables, de situer leurs performances au sein du réseau.
Par ailleurs, si ce système intègre un suivi des formations du personnel, il pourra également permettre de trouver le futur dirigeant de la société, en intégrant les paramètres de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences).
Toujours dans le domaine de la détection des talents, les écoles de formation sont un atout indéniable qui peut être complété par un suivi des carrières et un accompagnement régulier au sein du réseau.
Enfin, le parrainage par d’autres chefs d’entreprise présente également de nombreux atouts puisqu’il s’appui non seulement sur leur expérience, mais également sur leur apport financier ; car c’est là le deuxième point crucial : le financement de la transmission.

Le financement.
Comme nous venons de l’évoquer, le parrainage permet de trouver une partie importante des fonds. Il existe cependant d’autres moyens pour les lever.
Une levée de fond par le réseau lui-même par l’entremise d’un capital risquer. Cette solution présente l’inconvénient majeur pour un réseau d’indépendant de changer progressivement la nature même du réseau en devenant partiellement intégré.

Le droit de préemption permet également de positionner l’enseigne dans de meilleure disposition pour être les premiers sur les rangs et éviter ainsi le phénomène de dumping pouvant se produire dans des secteurs fortement concurrentiels.
Enfin, le portage reste également une solution satisfaisante, surtout dans les cas de figure où le repreneur n’a pas encore été choisi. Cela permet de conserver l’entreprise dans le giron du réseau, plutôt que de la voir passer à la concurrence. Certaines solutions de cautionnement existent au sein d’organisation financière pour accompagner ces transmissions. La fédération du commerce associé les utilise depuis de nombreuses années.

En conclusion, la transmission d’entreprise sera donc d’autant plus réussie qu’elle sera préparée en amont. Ainsi la partie valorisation peut être une simple formalité si l’on dispose d’un bon système d’information au sein du réseau. Par contre, trouver le dirigeant et le financement peut s’avérer plus compliqué que prévu, d’où l’intérêt d’avoir correctement anticipé cette opération.

Source : Franchise Magazine

Start typing and press Enter to search

La franchise face aux nouveaux délais de paiement