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Article publié le Mercredi 13 Mars 2013 par Geoffrey Rabault

À Montréal comme partout ailleurs dans le monde, le marché du BI est en pleine évolution. Du point de vue des organisations, celles-ci investissent de plus en plus dans les solutions décisionnelles. Du point de vue des technologies décisionnelles, nous pouvons observer de profonds bouleversements (Big data, In-memory, etc,). Beaucoup de choses changent vite autour de nous, et nous prenons peu de temps pour faire une analyse du niveau de la maturité générale de l’intelligence d’affaires, ici à Montréal. À travers cet article, je vais vous présenter ma vision de conseiller BI à Montréal, basé sur mon expérience ainsi que les échanges avec d’autres conseillers et des clients.

Méconnaissances des organisations sur le BI

Il est intéressant de voir que les organisations à Montréal ont une certaine méconnaissance du BI. En effet, combien d’organisations sont au courant de ce qu’est le BI ? Si celui-ci était mieux connu, n’y aurait-il pas plus de projets BI initiés par des utilisateurs dans les organisations ?

Les organisations! Ce paragraphe est pour vous… Sachez que même si vous l’ignorez, vous faites du BI au quotidien.  Sachez que le BI ne doit pas être perçu comme un gadget provenant du département TI. L’objectif des solutions BI est d’apporter aux utilisateurs des données afin que celles-ci puissent prendre des décisions sur des faits et non seulement sur des intuitions. À chaque fois qu’une décision doit  être prise, un outil BI pourrait vous appuyer dans vos réflexions.

Des projets BI… proposés par les TI?

Si le BI est là pour répondre à des problématiques d’affaires, comment se fait-il que la plupart des initiatives soient mises de l’avant par les départements TI? Est-ce que les TI ont besoin d’outils BI pour prendre des décisions d’affaires? Combien d’organisations laissent les TI prendre des décisions pour les finances, les ventes ou les opérations?

Voilà la réalité dans laquelle nous vivons à Montréal ! Trop peu d‘initiatives BI sont initiées par le côté affaires des organisations. Par conséquent, la réalisation des projets BI devient quelque chose de complexe et laborieux. Généralement les TI font le chemin inverse, ils arrivent avec des solutions auprès de leurs utilisateurs avant de prendre le temps d’analyser en profondeur les problèmes de ceux-ci. Les équipes TI responsables des projets ont du mal à faire l’analyse de ce dont les utilisateurs ont réellement besoin. Par la suite, la réalisation de projet classique est généralement longue et fastidieuse. Lors de la livraison du produit final, dans le meilleur des scénarios les utilisateurs sont généralement déçus, car la solution ne répond pas à leurs besoins ou les besoins ont évolué durant la conception de la solution.

Prenons l’exemple d’un projet de mobilité BI pour une organisation dans le domaine du commerce de détail. Généralement, les équipes TI vont justifier ce type de projet par les arguments suivants : “nous voulons  donner accès à l’information de la compagnie plus facilement aux différents représentants pour qu’ils gagnent du temps”. En effet, la mobilité peut faciliter et accélérer une partie du processus de vente. En prenant du recul, il se pourrait qu’en réalité, les tâches sans valeurs ajoutées des représentants soient à un autre endroit dans le processus plutôt qu’au niveau de la consommation de l’information. Une solution d’automatisation pourrait offrir plus de valeur dans ce cas. Par conséquent, une solution mobile BI n’est peut-être pas des plus adaptés dans cette situation. Dans ce cas, le ROI d’une solution mobile BI serait en réalité plus faible que celui de la solution d’automatisation.

Montréal enfant geek

Il est intéressant de voir à Montréal à quel point les organisations sont prêtes à tester de nouvelles technologies. Cette ouverture d’esprit permet aux organisations d’être toujours à la fine pointe de la technologie.

Il serait intéressant de se demander pourquoi les organisations agissent comme ça. Une partie de la réponse peut s’expliquer par le comportement des organisations face au BI. Lorsqu’un projet BI a échoué dans une organisation, il n’est pas rare de voir un second projet BI visant à résoudre les mêmes problématiques, mais avec des outils différents ou plus performants. Il n’est pas rare non plus de voir le second projet être également un échec. Nous pourrions faire l’analogie avec un enfant qui commence à apprendre à patiner et, après sa première chute, se voit offrir par ses parents des nouveaux patins plus performants.

Les technologies en général, et d’autant plus celle dans le BI, ne doivent pas être vu comme une solution. Celles-ci doivent être vues comme un élément qui va supporter une solution. Ce n’est pas avec de nouveaux patins que l’enfant saura mieux patiner.

Et si nous voulions faire autrement ?

Si nous voulions faire autrement, nous pourrions porter notre attention sur trois points. Le premier est la gestion de projet agile, puis l’architecture de solution BI,  et pour finir la gouvernance de données.

La gestion de projet agile dans un contexte BI est une approche qui fonctionne. Dans un contexte de méconnaissance du BI par les utilisateurs, celle-ci permet de focaliser sur la résolution des besoins et de livrer de petits bouts de solution rapidement. Lors des itérations, les besoins des utilisateurs se raffinent ou de nouveaux besoins sont identifiés et la solution évolue au fur et à mesure. Le principal avantage de ce type de gestion de projet est qu’à tout moment, les utilisateurs sont responsables de la finalité de la solution. De plus, il est possible après deux ou trois itérations d’arrêter le développement, car les utilisateurs s’aperçoivent que le gain n’est pas aussi grand que ce qui avait été envisagé.

L’architecture de solutions BI est un exercice généralement oublié dans les organisations. L’architecte de solutions est la personne qui est capable d’avoir une vue transversale de l’écosystème BI. Lors de nouveaux projets, celui-ci est capable d’anticiper les problématiques qui pourraient survenir à la suite des demandes trop exigeantes des utilisateurs. De ce fait, il amène les utilisateurs à revoir les priorités face à leurs besoins et ce qui a le plus de valeur pour l’organisation, mais s’assure que ce qui sera livré sera à la hauteur de leurs attentes.

La gouvernance de données est une approche regroupant un ensemble de concepts et de processus visant à définir, stocker, maintenir, distribuer et imposer une vue complète, fiable et à jour des données référentielles (metadata). Le succès de ce type d’initiative réside dans le fait qu’elle doit regrouper autant les utilisateurs finaux, les analystes et les gens des TI. Elle permet dans un premier temps de responsabiliser le côté affaires des organisations sur les données et va par la suite, commencer à créer un intérêt pour le BI qui entraînera une discussion avec l’organisation et les TI sur des problématiques d’affaires.

Mot de la fin

De beaux défis nous attendent à Montréal dans le domaine du BI. Afin de les surmonter, il est primordial de parvenir à éduquer les organisations sur le BI et son potentiel. C’est de notre devoir de leur faire comprendre que le BI n’est pas une solution à une problématique d’affaires, mais un outil pour y arriver.

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